Depuis avril 2004, un groupe de réflexion a été mis en place avec des partenaires locaux et des enquêtes portant sur une série d’objets emblématiques sont en cours.

Les enquêtes s’attacheront à décrire, d’une part, le contexte de la collecte et, d’autre part, à exposer les implications contemporaines de l’absence de ces objets dans les régions où ils ont été collectés. On s’intéressera tout particulièrement aux récits oraux d’aujourd’hui qui portent mémoire de situations coloniales et qui relatent le moment où l'objet en question a été saisi.

Enquêtrices/enquêteurs:

Au Nigeria, Peju Layiwola (artiste et chercheuse au département des Beaux-Arts à l'université de Lagos au Nigeria) recueille actuellement des récits relatant la mise à sac puis le pillage en 1897 par l'armée Britannique de la ville de Benin (capitale du royaume Edo au Nigeria actuel). Ces événements engendrèrent l'éparpillement dans le monde de 900 « plaques en bronze » qui décoraient les portails et colonnes de la ville.

Au Mali, Issaka Bagayadogo (Anthropologue), en collaboration avec l' Institut des Sciences Humaines (ISH), poursuit un projet entamé il y a déjà plusieurs années en collaboration avec feu Jean Bazin. Cette enquête porte sur un objet de culte Boli volé par Marcel Griaule en 1933 se trouvant aujourd'hui dans les réserves du musée du quai Branly et sur les conséquences politiques locales de cette disparition qui amena à réinventer leurs pratiques rituelles.

Au Burkina Faso, Lassina Simporé(de l'équipe de Jean-Baptiste Kiéthéga, archéologue à l'université de Ouagadougou, Burkina Faso) enquête sur les massives prises d'armes opérées par les forces coloniales françaises dans le pays Bwa (région de Bobo-Dioulasso) au cours des révoltes qui secouèrent la région entre 1913-1916.

En République du Bénin, Joseph Adande, historien d’art à l’université d’Abomey-Calavi, développe une enquête sur le « trésor du Dahomey », emporté par le Général Dodds en 1892, et qui fait aujourd’hui l’objet d’une demande de restitution.

Au Togo, Kangni Alemdjrodo, écrivain, en collaboration avec Bernard Müller, anthropologue et coordinateur du projet Broken Memory, réalise une enquête basée sur des entretiens filmés, réalisés sur les lieux de mémoire de la conquête allemande au Togo.

En Afrique du sud, David Coplan (anthropologue à l' université de Witwatersrand, Afrique du Sud) mène des recherches sur le pillage de la mission de Beersheba par un groupe de Boers en 1858.

En Corée du sud, Jinkook Chung, du « groupe des peuples sans histoire » (université de Yeungnam, Corée du sud) nous emmène sur l'île de Kang-Hwa où se trouvait le temple qui abritait les tablettes décrivant les rites royaux de la dynastie Yi et que pillèrent les marins de la marine française avant de bombarder les lieux en 1866. Son travail porte aussi sur les empruntes laissées par la période coloniale japonaise au cours de laquelle plusieurs objets ont été emportés. Le cas du "monument de la grande victoire de Pukgwan" est un cas particulièrement intéressant de restitution à la Corée du Nord, avec la collaboration de la Corée du Sud, d'un monument emportés par les japonais. Cette recherche sera documentée par des photographies (en lien avec la démarche sur la mémoire populaire du Group for Peope Without History, attaché à l'université de Yeugnam).

Thierry Bonnot poursuit ses enquêtes portant sur les restes et les cendres de personnalités réclamés par ceux qui s'en considèrent comme les héritiers légitimes et notamment sur le débat qui entoure le transfert au Panthéon les cendres de George Sand, la demande de restitution des restes d'Ernesto Che Guevara que le parlement Argentin vient de réclamer officiellement au gouvernement cubain.

Patrick Prado réalise une enquête sur les frises du Parthénon d'Athènes (Grèce) dits « marbres d'Elgin » dont une grande partie se trouve au British Museum (Londres).

En coopération avec :