Appel à contribution
mis à jour le 6 octobre 2014

Les butins des guerres coloniales et les enjeux de leur restitution

ou comment en finir avec l'histoire coloniale? 


Un ouvrage, destiné à un public large et international (il sera traduit en langue anglaise), sera publié dans le cadre du projet Broken Memory (www.brokenmemory.net). Richement illustré, il rendra compte d’un programme de recherche et présentera une variété de points de vue sur la question de la réparation et de la restitution des biens culturels spoliés durant la période coloniale (Europe et Asie). Il rassemblera des textes inédits et existants. 

Le passé colonial ressurgit dans l'actualité des relations entre les ex-colonies et leurs anciennes métropoles. Depuis une quinzaine d' années en effet se multiplient les initiatives oeuvrant en faveur de la reconnaissance des exactions commises par les Etats Européens au cours de leur expansion moderne. Esclavage, conquête coloniale, administration coloniale, etc. sont remis à l'ordre du jour de manière à instruire un procès de la colonisation, dans une logique qui appelle une forme de réparation.

Dans ce contexte, on assiste à une augmentation du nombre des demandes de restitution d'objets saisis au cours de la conquête coloniale. Plusieurs objets ont ainsi pris le chemin du « retour » : le sceau du dey d'Alger saisi par l'armée coloniale française en 1830 a été restitué à l’Algérie en 2003, l'obélisque d'Aksoum (Éthiopie) emportée par les soldats Italiens en 1937 a été rendue par l’Italie en 2005. D'autres demandes de restitution à l'instar des plaques historiées du royaume Edo de Benin (réclamés par le gouvernement Nigérian), de la couronne de Montezuma réclamée par une fédération d’associations culturelles mexicaines au gouvernement autrichien sont restées jusque-là insatisfaites. Tout récemment, le trésor d’Abomey (actuelle République du Bénin) saisi lors de la conquête française à fait l’objet d’une demande de restitution, formulée par la députée française Christiane Taubira (Question Ecrite au Gouvernement, le 18 novembre 2005). Ce phénomène universel semble aujourd’hui prendre de l’ampleur. On s’intéressera ainsi également à des cas qui s’énoncent dans des contextes différents du cadre colonial, où un objet du patrimoine est considéré comme spolié, dans d’autres espaces géographiques, et à d’autres époques, dans un souci de mise en perspective comparatiste.

Notre souhait est de contribuer à ce débat en plaçant délibérément la polémique à la fois sur un plan artistique et scientifique, esthétique et analytique. Il s’agit d’analyser en quoi l’histoire des butins nous éclaire quant aux relations actuelles liant les sociétés occidentales à leurs anciennes colonies. Quelles traces ces événements ont-ils laissé dans les imaginaires ? Et comment envisager le rôle des intellectuels, ces chercheurs, des artistes, des plasticiens dans ce travail de mémoire ? Et comment concevoir, dans cette perspective, le rôle des musées, détenteur de ce type d’objet ?

Indications:
Artistes, chercheurs, écrivains sont conviés à ce projet, dont nous laissons le libre de choix de la forme qu’ils souhaitent adopter pour exprimer leur point de vue, le fait de pouvoir figurer dans un livre étant la seule véritable contrainte : articles, mais aussi nouvelles, poèmes, photographies, dessins, etc., sont les bienvenues.

Les contributions ne devront pas dépasser 15.000 caractères (espaces compris). Les articles doivent être accessibles à un public non scientifique.

Les propositions de communication seront examinées par un comité éditorial interdisciplinaire. Elles n’excéderont pas une page et seront accompagnées d’une petite biographie.

Elles devront être envoyées à l’adresse suivante :
curio@orange.net